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Non à HADOPI
22-04-2009

La « riposte graduée » est le centre d'un fort interêt depuis son rejet à l'Assemblée Nationale. Le martèlement médiatique est énorme pour tenter de donner à ce texte une bonne image auprès des citoyens, alors qu'à nos yeux, il constitue une aberration, tant au niveau idéologique qu'historique ou technologique.

On a tendance à l'oublier et les discussions proposées par le ministre de la Culture cherchent à l'occulter : le débat de fond est celui de la rémunération des artistes. Le gouvernement fait un monumental raccourci en assimilant simplement le contrôle de la diffusion avec la rémunération des artistes.

Or, que fut la rémunération des artistes dans l'histoire ? Si on fait un rapide tour d'horizon, on constate qu'un artiste payé à la diffusion de son oeuvre est une exception récente. Les écrivains, les musiciens, les acteurs, les sculpteurs, tous les artistes enfin ont toujours été payés soit à l'acte, soit à la livraison, soit à la commande. La transaction artistique classique est le fruit d'une commande ou de l'achat d'une oeuvre qui est essentiellement non reproductible et qui n'est donc payée qu'une fois.

Pendant le 20eme siècle, des moyens de production ont permis le développement d'une industrie de l'art et la diffusion massive du contenu artistique. Cette industrie était alors le seul moyen de diffuser les oeuvres via un support materiel. C'est pour en faire bénéficier les artistes, pour protéger les artistes des éditeurs, que les droits voisins aux droits d'auteur ont été créés. Leur substance est qu'un éditeur doit donner à l'artiste une part des bénéfices engendrés. Dans un contexte industriel, ceci est normal et c'est ce modèle qui prévaut depuis un siècle. Il a si bien marché qu'on en est venus à oublier qu'il est conditionné au fait que la diffusion de l'art se fasse par l'industrie. Ce fut le cas par le passé, ce ne l'est plus aujourd'hui.

Avec Internet, l'industrie est subitement devenue inutile à la diffusion des oeuvres. Le débit de produits culturels qu'elle fournit n'est plus représentatif de la véritable diffusion des oeuvres. Si on avait trouvé une equation pratique pour rémunérer des artistes, elle est aujourd'hui mise en défaut du fait de la diffusion qui ne coûte rien.

L'industrie a dormi sur ses lauriers pendant le dernier quart de siècle en vendant avec des marges tout bonnement honteuses des bouts de plastique. Elle est en train de s'écrouler, parce qu'elle n'est plus NECESSAIRE et abusait de sa position dominante. Payez-vous à la Poste vos envois d'emails ?

Face à ce phénomène, la logique des EDITEURS est d'imposer un statuquo qui leur permettrait de rester les seuls intermédiaires entre le musicien et son public. Si au 20ème siècle, cela était le cas de fait, imposer une telle restriction au débit des oeuvres artistiques est aujourd'hui restreindre la diffusion culturelle.

Le problème vient du fait que les artistes sont encore aujourd'hui payés principalement par un pourcentage de leur diffusion industrielle, alors que cette diffusion est en déclin. Le gouvernement réagit par l'immobilisme en tentant de punir les citoyens qui utilisent ce nouveau moyen d'ouvrir leur horizon culturel, plutôt que de tâcher d'introduire et de rendre obligatoires de nouveaux modes de financement de la création artistique.

Plusieurs issues tout à fait différentes sont en effet pourtant possibles ! Les artistes n'ont PAS à être opposés à leur public, les citoyens n'ont PAS à être culpabilisés de télécharger. Nos moyens de communication extraordinaires font que notre époque vit la suppression des intermédiaires inutiles. Un artiste touche 15 centimes d'euros sur chaque CD vendu, la « riposte graduée » cherche à protéger les éditeurs contre les artistes.

Combien sont prêts à payer dix euros par mois pour avoir accès à toute la musique sur Internet ? Cette piste se nomme la « Licence globale ».

Combien sont prêts à payer le prochain album de leur artiste préféré AVANT MEME SA SORTIE ? Vous recevriez alors votre exemplaire au moment de sa sortie. Cette piste se nomme « mécénat ».

Ne pensez-vous pas que les grands gagnants sont les FAI ? Au lieu de leur imposer de lourdes infrastructures liberticides, qu'ils reversent une part des abonnements directement à la SACEM.

Nous sommes des dizaines de millions de personnes à télécharger. Ils font de nous des criminels. La loi veut lutter contre l'usage ! Comment expliquer à vos enfants que c'est mal lorsque vous n'avez pas les moyens d'acheter un DVD pour ce soir ?

Il est urgent que les 14 euros 85 que certains payent encore croyant aider leur artiste préféré cessent d'aller dans la poche de financiers boursicoteurs... Nous appelons les artistes à manifester leur désaccord, à comprendre que c'est leur avenir qui se joue sans eux, à écrire à leur public, à rédiger des tribunes, à relayer la revendication.

 

Rejoignez nous le 25 Avril 2009 à l'Assemblée nationale :
http://www.manifestation-contre-hadopi.com/

 
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